Quand on a les boules
1- Où l'on parle de contraception masculine / testiculaire.
Dans la vie, il y a deux types de personnes fertiles : celles qui ont un utérus et qui donc ne le sont que quelques jours par mois, et celles qui ont des testicules et qui le sont toute l'année.
Bien sûr, nous savons toustes sur qui repose la charge contraceptive dans ce genre de cas. Sur les personnes qui possède un utérus, majoritairement les femmes donc, mais aussi certain•e•s de nos adelphes non-binaires et hommes trans¹.
Moi même, je fais partie de la seconde catégorie. J'ai beau être une femme, je possède une paire de testicules en parfait état de marche. (Je suis contente de vous parler de mes testicules !). Et jusqu'à présent, c'était mes partenaires, de passages comme les deux qui partagent ma vie, qui assuraient cette charge. Bien sûr, on pourrait dire que je leur proposais quelques alternatives si besoin, tel que le préservatif ou l’absence de pénétration. Mais au final, c'est loin d'être suffisant, comparé à la responsabilité et l'angoisse de pouvoir tomber enceinte au moindre écart.
Cette année, j'ai décidé de prendre ma contraception en main. Le fait que je sois polyamoureuse est une des raisons. Après tout, avoir plusieurs relations implique de multiplier par autant les responsabilités à prendre, devant des risques potentiellement multipliés. Mais cela à également permis à une de mes relations de longue date de se libérer de cette charge pesante et angoissante.
Le truc avec la contraception masculine / testiculaire c’est que les infos ne courent pas les rues et que les médecins sont souvent réticents à en parler. Même si le sujet commence à apparaitre dans les médias, avec notamment des articles sur Médiapart, une émission d’Arrêt sur Image ou cette vidéo du média indépendant Blast, on est loin d’une campagne d’information claire et rassurante.
On ne va pas faire le topo sur le patriarcat, autant passer directement au vif du sujet. Si vous possédez une paire de testicules vous aussi, et que vous désirez une contraception, voici les alternatives qui s’offrent à vous :
La contraception définitive, via une vasectomie. Ça marche très bien, même si c’est pas évident de trouver un andrologue qui accepte sans condition.
La contraception hormonale via injection hebdomadaire de testostérone. Efficacité prouvée elle aussi, mais un poil contraignante à mon goût.
La contraception thermique. C’est celle que j’ai choisie, donc on va détailler.
2 - Hot summer pour les coucouilles.
La contraception thermique repose sur un phénomène simple et bien connu concernant la création de spermatozoïdes : les testicules ont besoin d'être à une chaleur inférieure à celle du corps pour fonctionner correctement. (D'où l'idée que les testicules pendent du corps de façon aussi agréablement esthétique.). Augmentez cette chaleur, et votre fertilité baisse tout autant.
Au début des réflexions, certains hommes ont pensé utiliser une résistance électrique couplée à une batterie pour obtenir l'effet désiré. Étrangement l'idée d'avoir un tel dispositif collé aux parties intimes à évidemment dissuadé la majorité des utilisateurs. C'est la qu'intervient une idée simple basé sur la physionomie des testicules. Après tout, elles sont capables par simple réaction au froid, d'aller retourner se loger dans les canaux liguinaux d'où elles descendent originalement.
Quelques hommes se sont donc penchés sur le sujet pour créer le fameux "Remonte Couille Toulousain", un dispositif à coudre dans son caleçon et qui vient remonter mécanique les testicules pour les garder à température corporelle toute la journée, enlevant tout risque de fertilité.
J'ai moi-même choisi cette option mais plutôt que rejoindre un des ateliers de coutures mis en place par certaines associations, j'ai directement acheté l'andro-switch, un anneau en silicone médical qui opère exactement selon le même principe.
3 - Ma morning routine d'influenceuse.
Dès que je me lève, je porte cet anneau, qui vient autour du pénis et du scrotum, et qui bloque les testicules dans les canaux. Cela prend quelques secondes, c'est automatiquement sans manipuler directement les testicules, et ce n'est absolument pas douloureux.
Je compte ensuite 15h, en vérifiant périodiquement que l'anneau est toujours à sa place (spoiler, il ne tombe jamais de lui-même), et ensuite je le retire en quelques secondes.
Je répète le processus tous les jours, sans exception, pendant trois mois pour ne plus être fertile, puis tous les jours de l'année sur toute la durée où je désire ne pas être fertile. Il ne faut pas oublier plus de 24h, sinon on est de nouveau fertile pour au moins 1 moins et demi.
L'anneau peut se retirer une heure ou deux en cas de besoin, mais n'empêche ni d'aller uriner, ni les érections. Le pire qui puisse arriver est un léger sentiment d'inconfort d'avoir une partie sensible de son corps déplacé à un endroit inhabituel. Cela n'empêche aucune activité sportive, voir je me sens bien plus à l'aise quand je fais du vélo.
Il n'y a pas d'opérations, d'hormones, d'intervention médicale, d'effets secondaires, de corps étranger et invasif. Pas de SPM accentué, pas de douleurs, absolument rien.
J'ai pris l'habitude assez vite, et je n'y pense quasiment pas de la journée. Après une semaine, je dois encore m'habituer à la position étrange de mes testicules, notamment quand mon chat me saute sur le ventre ou que je serre mes jambes. Mais l'inconfort est très relatifs. J'en trouve cela esthétique avec l'anneau, et suscite au pire la curiosité de mes partenaires.
Un des avantages précieuse du système est que son efficacité est mesurable. J'ai effectué un spermogramme avant de me lancer, c'est facilement prescrit par un médecin traitants (bien que je sois passée par une sage femme du Planning Familial) et ne comporte pas de difficulté. Ensuite, après trois mois d'utilisation du dispositif thermique, un second spermogramme vient confirmer l'efficacité de la méthode. Attention, pendant ces trois mois on est considéré comme étant fertile, donc il ne faut pas prendre de risques.
Les effets sont totalement réversibles jusqu'à 4 ans d'utilisation. On enlève l'anneau et au bout de quelques jours on retrouve son niveau de fertilité de départ.
Seul réel inconvénient, c'est qu'en cas d'oubli de plus de 24h, il y à une période de 1 mois et demi durant laquelle on est de nouveau considéré comme fertile.
L'efficacité est proche des 100%, les seuls grossesses constatées durant les essais sont dû à une incompréhension ou un oubli.
4 - Que se passe-t-il après 4 ans ?
L'énorme problématique avec la contraception thermique (et masculine dans son ensemble) est le manque total de moyens mis dans la recherche et l'étude des différentes méthodes. Il n'existe à l'heure actuelle aucune étude au monde sur l'usage du dispositif dans un temps supérieur à 4 ans. Pour pleins de raisons, la contraception masculine est un champs de recherche complètement laissé de côté.
À tel point que le système andro-switch vient d'être frappé d'interdiction de vente. Puisqu'il n'existe pas assez d'études, le dispositif ne peux obtenir la certification CE et donc il est interdit de le vendre. Son créateur cherche à lever des fonds pour payer les coûteux tests en laboratoire, mais en attendant un•e artiste vend des anneaux similaires en guise d'happening artistique géant.
Est ce que je prends des risques donc ?
Et bien oui, bien que le dispositif semble être majoritairement efficace depuis son usage dans les années 70 avec d'autres systèmes, je prends un risque sur ma fertilité au delà de 4 ans d'utilisation. Un risque que j'ai mis en balance avec les effets de la pillule dire féminine (dérèglement hormonal, pensées suicidaire, perte de libido, risque accru de cancer, etc.) qui sont connu depuis 50 ans.
Mis en balance aussi avec le stérilet, qui est invasif, peu augmenter les douleurs et les règles, nécessite une aide extérieur pour la pose (sage femme ou gynécologue).
Toutes ces méthodes ont permises aux femmes et aux personnes à utérus de reprendre le contrôle de leur vie, de leur fertilité et de leur sexualité. Il ne s'agit pas de critiquer des méthodes imparfaites mais vitale pour un grand nombre de personne.
Mais la différence d'effets indésirables penche tellement dans un sens, que je trouve cela difficile de ne pas s'y intéresser. Il était clair pour moi que je n'avais aucune excuse à trouver sur mon manque d'implication et qu'il était grand temps de prendre les choses en main.
Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rapprocher du Planning Familial de votre secteur ou de venir me poser des questions, je serais heureuse d'en discuter.
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